Fr En
livre

Pourquoi tant de femmes scientifiques sont-elles effacées des manuels, des prix et de la mémoire collective ?
L’ouvrage “L’effet Matilda : Invisibilité des femmes dans les sciences et rôles du droit” explore cette question avec rigueur.
Entre histoire, sociologie et justice, il montre comment le système juridique et académique a longtemps contribué à l’effacement des chercheuses, et comment il peut aujourd’hui devenir un levier pour les réhabiliter.

Quand la science oublie ses pionières

Le livre s’ouvre sur un constat glaçant :
malgré leur rôle essentiel dans la recherche, les femmes ont souvent été dépossédées de leurs découvertes.
L’expression “Effet Matilda” résume ce phénomène : l’attribution du mérite scientifique à un homme plutôt qu’à la femme qui en est à l’origine.
L’ouvrage cite des exemples célèbres comme Rosalind Franklin, éclipsée par Watson et Crick pour la découverte de l’ADN, Marthe Gautier, découvreuse du chromosome de la trisomie 21, et bien sûr Jocelyn Bell Burnell, dont le nom a été oublié lors du Nobel pour les pulsars.
Chacune illustre la même mécanique d’invisibilisation.

onde radio

Le droit comme miroir et outil de changement

Les autrices du livre expliquent que le droit, en tant que construction sociale, a longtemps reproduit les biais de genre :
accès limité aux études supérieures, reconnaissance inégale dans les institutions, ou encore absence de parité dans les instances de recherche.
Mais le livre met aussi en lumière une perspective optimiste :
le droit peut corriger ces injustices.
À travers des politiques d’égalité professionnelle, des dispositifs de reconnaissance (comme les prix ou les nominations académiques), et des actions juridiques ciblées, le système peut devenir un moteur de visibilité.

« Rendre visible, c’est déjà rendre justice. »
— Extrait du livre

chercheuse

Le rôle des institutions et de la mémoire collective

L’effet Matilda ne repose pas seulement sur le droit, mais aussi sur la culture scientifique et médiatique.
Le livre dénonce la manière dont les manuels, les médias ou les musées ont effacé les contributions féminines, participant à une narration exclusivement masculine de la science.

Par Valentin DEROO, étudiant en MMI Publié le 20/10/2025