En 1967, une doctorante de 24 ans capte un signal mystérieux dans le ciel. Ce sont les pulsars, des étoiles à neutrons en rotation rapide. Une découverte majeure, récompensée par un prix Nobel... qu’elle ne recevra jamais. L’histoire de Jocelyn Bell Burnell illustre parfaitement l’effet Matilda, ce phénomène d’invisibilisation des femmes scientifiques.
Photographie de Jocelyn Bell Burnell au laboratoire de radioastronomie de Cambridge
Une étudiante brillante face à l'univers
En 1967, alors qu’elle prépare son doctorat à l’Université de Cambridge, Jocelyn Bell Burnell passe des heures à analyser des kilomètres de graphiques issus d’un radiotélescope qu’elle a elle-même contribué à construire. C’est là qu’elle repère un signal régulier, extrêmement précis. Ce n’est ni une étoile ordinaire, ni un artefact technique. Ce qu’elle observe, c’est une étoile à neutrons en rotation rapide : un pulsar. Son intuition et sa rigueur scientifique mèneront à l’une des découvertes les plus importantes de l’astrophysique moderne.
Quand la reconnaissance s'échappe
En 1974, le prix Nobel de physique est décerné à Antony Hewish et Martin Ryle, ses supérieurs, pour la découverte des pulsars. Le nom de Jocelyn Bell Burnell n’est même pas cité. Cette injustice deviendra un symbole du sexisme structurel dans le monde scientifique. Des décennies plus tard, la chercheuse reste d’une humilité remarquable :
« Ce serait malhonnête de dire que je n’ai pas été déçue. Mais je savais comment fonctionnaient les choses à l’époque. »
« Les étoiles ne se soucient pas de qui les découvre. »
— Jocelyn Bell
Burnell
Un combat pour les générations futures
Loin d’être amère, Jocelyn Bell Burnell a consacré sa carrière à
encourager
les jeunes femmes à poursuivre des carrières scientifiques.
En 2018, lorsqu’elle reçoit le
prestigieux Breakthrough Prize, elle reverse l’intégralité de la récompense pour financer des
bourses
destinées aux femmes et minorités en physique.
Un geste fort, à l’image de son engagement.
« Si mon histoire peut inspirer une jeune femme à croire en sa place dans la science, alors c’est une victoire. »
Par Valentin DEROO, étudiant en MMI Publié le 20/10/2025