Le documentaire The Silent Pulse of the Universe rend justice à Jocelyn Bell
Burnell, l’astrophysicienne qui a découvert les pulsars mais dont le nom a été effacé du Nobel de 1974.
À travers des images d’archives, des interviews et une mise en scène sensible, le film réhabilite une
femme
longtemps restée dans l’ombre des étoiles.
Affiche du film “The silent pulse of the universe”
Une histoire d’écoute et d’injustice
Réalisé par Ben Proudfoot, ce court-métrage documentaire revient sur
l’un
des plus grands paradoxes de la science moderne :
comment une jeune chercheuse de 24 ans,
auteure
d’une découverte révolutionnaire, a pu être oubliée au moment de la reconnaissance mondiale.
Le
film débute sur des images d’archives de 1967. On y voit Jocelyn Bell, concentrée, penchée sur les
kilomètres de graphiques du radiotélescope de Cambridge.
Sa voix off, calme et déterminée,
guide le
spectateur à travers les signaux mystérieux qu’elle a déchiffrés : les pulsars, ces étoiles mortes
au
cœur battant.
“Je n’étais pas censée découvrir quelque chose d’aussi grand. J’étais juste
censée apprendre à observer.”
— Jocelyn Bell Burnell (extrait du film)
Un film qui répare le silence
Le film ne se contente pas de raconter une injustice : il la corrige
symboliquement.
Par sa mise en scène délicate et son ton intimiste, Ben Proudfoot fait de Bell
Burnell la narratrice de sa propre histoire.
Le spectateur découvre une femme lucide, drôle et
inspirante, qui a choisi la modestie là où d’autres auraient crié à l’injustice.
Le montage
alterne
entre images scientifiques et témoignages actuels.
La musique éthérée de Joshua Moore
accompagne
cette redécouverte d’une voix trop longtemps mise en sourdine.
Photo de Jocelyn dans son bureau
L’effet Matilda à l’écran
Le documentaire illustre parfaitement l’effet Matilda : ce phénomène où le
mérite d’une femme scientifique est attribué à un homme.
En donnant la parole à Jocelyn Bell
Burnell, le film restitue la mémoire confisquée.
Ce n’est plus l’histoire d’une injustice, mais
celle d’une réappropriation.
« Les étoiles ne se soucient pas de qui les découvre, mais nous, nous
devrions.
»
— Voix off dans le film
Ce message résonne au-delà de la science : il parle de reconnaissance, de mémoire, et de la nécessité de réécrire l’Histoire avec toutes ses voix.
Par Valentin DEROO, étudiant en MMI Publié le 20/10/2025